Afrique: pour une croissance tirée par l’innovation technologique

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La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique estime que l’adoption stratégique de l’intelligence artificielle, des données et d’autres technologies émergentes pourrait améliorer la productivité, stimuler l’industrialisation et soutenir une croissance plus inclusive sur le continent, malgré des contraintes persistantes liées à la dette et au financement du développement.

La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) s’apprête à publier son rapport phare Economic Report on Africa 2026 (ERA 2026) intitulé « Growth through Innovation: Harnessing Data and Frontier Technologies for Africa’s Economic Transformation », selon un communiqué parvenu lundi à APA.

Le document souligne que, malgré une croissance économique relativement soutenue ces dernières années, les progrès du continent reposent essentiellement sur l’accumulation de facteurs de production – capital et main-d’œuvre – plutôt que sur des gains durables de productivité.

Cette situation explique la lenteur de la transformation structurelle en Afrique, caractérisée par un transfert limité de la main-d’œuvre et des investissements vers des secteurs à plus forte productivité comme l’industrie manufacturière et les services modernes.

Réagissant aux conclusions du rapport, le secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, estime que l’adoption stratégique des données et des technologies de pointe, telles que l’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique, les solutions d’énergie renouvelable ou encore la robotique avancée, constitue une opportunité majeure pour permettre aux économies africaines de « sauter certaines étapes traditionnelles du développement. »

« Lorsqu’elles sont efficacement gouvernées et intégrées, ces technologies peuvent accroître la productivité, stimuler la modernisation industrielle, élargir la création d’emplois et promouvoir une croissance inclusive et durable conforme aux objectifs de l’Agenda 2063 et des Objectifs de développement durable », a-t-il déclaré.

Selon les projections du rapport, la croissance économique de l’Afrique devrait atteindre 4,3 % en 2026, soutenue notamment par l’augmentation des investissements dans les infrastructures, la stabilisation des prix des matières premières et le développement du commerce intra-africain.

Toutefois, des défis persistants, tels que le poids élevé du service de la dette, la faiblesse de l’espace budgétaire et l’aggravation des inégalités, continuent de freiner les progrès.

Le document souligne également que l’impact économique des technologies de pointe dépend fortement de politiques complémentaires favorisant le développement des compétences, le renforcement des capacités industrielles, la recherche et le développement, ainsi que l’accès au financement.

Le développement des compétences apparaît ainsi comme un levier déterminant, tout comme les instruments de financement de l’innovation, tels que les obligations d’innovation, les mécanismes de financement mixte et les lignes de crédit régionales.

La CEA met aussi en avant le rôle stratégique des données, qualifiées de « nouveau pétrole de l’économie numérique », capables de générer des revenus, de stimuler l’entrepreneuriat, d’améliorer la gouvernance et d’alimenter les technologies de pointe.

En renforçant l’ensemble de la chaîne de valeur des données – de leur production à leur utilisation – les pays africains pourraient développer de nouvelles industries et renforcer leur souveraineté numérique dans un marché mondial des technologies émergentes estimé à 16 400 milliards de dollars d’ici 2033.

Le rapport identifie par ailleurs l’industrie manufacturière comme pilier central de la transformation structurelle du continent, soutenue par des clusters de production technologiques, des systèmes logistiques intelligents et l’intégration numérique dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Toutefois, le document met également en garde contre plusieurs risques, notamment la substitution de l’emploi humain par l’automatisation, les fractures numériques et de genre, les menaces de cybersécurité et la dépendance aux données. Il appelle à des cadres de gouvernance plus solides afin d’assurer une répartition équitable des bénéfices de l’innovation tout en protégeant les intérêts nationaux.

Le rapport recommande enfin aux pays africains de renforcer leurs capacités institutionnelles, d’investir davantage dans la recherche et l’innovation, de développer le capital humain – en particulier chez les jeunes et les femmes – et d’intensifier les partenariats public-privé ainsi que la coopération régionale.

 

SOURCE : Apanews

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