Un atelier régional consacré à la mesure de l’aide publique au développement (Apd) et aux possibilités de financements innovants s’est ouvert le 3 novembre 2026, au Plateau.
Co-organisée par la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et la Direction de la coopération pour le développement (Dcd) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (Ocde), cette rencontre s’inscrit dans le cadre du plan stratégique « Impact 2030 » de l’Union, qui soutient la Vision 2040 pour un espace économique durablement intégré et prospère.
Les travaux, qui se dérouleront sur trois jours, visent à mieux faire connaître les mécanismes de financement innovants disponibles, notamment les mécanismes de partage des risques et les instruments de financement multilatéraux. Ils permettront également d’en apprécier la pertinence aux niveaux national et régional et d’examiner les options susceptibles de favoriser une mobilisation accrue des ressources.
À l’ouverture des travaux, Garrido Pilar, directrice de la coopération pour le développement à l’Ocde, a souligné que, sur la période 2021-2024, les financements privés mobilisés avaient enregistré une tendance à la hausse, atteignant un pic de 77 milliards de dollars américains en 2024. « Néanmoins, les niveaux de mobilisation restent insuffisants au regard des besoins de développement et des possibilités d’investissement », a-t-elle indiqué.
Poursuivant son intervention, elle a précisé que l’Afrique représentait 30 % du total des financements privés mobilisés, soit une moyenne annuelle de 19,7 milliards de dollars, ce qui en faisait la première région bénéficiaire. « La mobilisation est restée concentrée sur des marchés perçus comme moins risqués. Seulement 8 % des financements mobilisés ont atteint les pays à faible revenu, mettant en lumière des obstacles structurels persistants à l’orientation des capitaux privés vers les contextes les plus fragiles », a fait remarquer Garrido Pilar.
Elle a également salué les engagements visant à accompagner les pays qui en ont le plus besoin, notamment par le renforcement de leurs capacités et la promotion d’une coopération au développement plus efficace. Elle a, dans ce contexte, souligné l’importance de la communication dans le domaine de l’aide au développement. « En rendant les efforts de coopération plus lisibles et leurs résultats plus compréhensibles, nous contribuons à renforcer leur crédibilité et leur efficacité, tout en rappelant qu’ils sont, en définitive, au service des citoyens », a-t-elle affirmé.
De son côté, le président de la Commission de l’Uemoa, Mahamadou Gado, a rappelé que les États membres de l’Union s’étaient engagés dans une dynamique de développement reposant sur d’importants programmes d’investissement, notamment dans les infrastructures, le capital humain, la transformation structurelle des économies et le renforcement de la résilience face aux chocs. « La disponibilité des financements ne saurait être considérée comme acquise », a-t-il averti.
Il a appelé à agir simultanément sur plusieurs leviers : le renforcement de la mobilisation des ressources intérieures, l’amélioration de l’efficacité de la dépense publique, l’optimisation de la gestion de la dette publique, une meilleure orientation des financements extérieurs et la création de conditions favorables à la participation du secteur privé.
Selon lui, la mobilisation des ressources fiscales constitue un pilier essentiel pour financer durablement les politiques publiques, réduire la vulnérabilité aux fluctuations des financements extérieurs et renforcer l’autonomie financière des États.
Il a rappelé que la Commission poursuivait le suivi de la mise en œuvre du Plan d’action pour la mobilisation optimale des recettes, adopté par le Conseil des ministres en 2019 et révisé en 2024, en s’appuyant sur les données du Tableau des opérations financières de l’État (Tofe).
Enfin, il a souligné que les informations disponibles sur les financements extérieurs et l’Apd demeuraient insuffisamment structurées et n’étaient pas toujours accessibles dans des formats permettant leur exploitation et leur comparaison à l’échelle régionale.
SOURCE : FRATMAT
