Côte d’Ivoire-AIP/ Festival Nissondia 2026: Sokourala Vassouatchè-fesso mise sur son patrimoine culturel pour renforcer la cohésion sociale (Feature)

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Sokourala Vassouatchè-fesso (Man), 24 août 2026 (AIP) – La 4e édition du Festival Nissondia de Sokourala Vassouatchèfesso, dans la sous-préfecture de Sandougou-Soba (Ouest ivoirien, région du Tonkpi), s’est ouverte vendredi 21 août 2026 autour du thème « Renforcement de la cohésion sociale par la valorisation de notre patrimoine culturel », avec un appel à faire de la culture un levier de rapprochement entre les communautés et de développement local.

Organisée par la Mutuelle pour le développement de Sokourala (MUDES), cette édition, qui s’est déroulée sur trois jours, est placée sous le patronage de la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, et sous le parrainage de l’ambassadeur de Paix en Côte d’Ivoire, Yaké Gondo Alfred.

Présidente de la MUDES, Affissiata Diomandé a souligné que le choix du thème traduit la volonté de préserver et de transmettre aux jeunes générations les valeurs culturelles héritées des ancêtres.

« Notre culture constitue notre identité. Elle se retrouve dans nos danses, dans nos chants, dans nos cérémonies, dans nos savoirs, nos récits, nos valeurs et plus singulièrement dans notre tradition », a-t-elle déclaré.

Elle a relevé que l’évolution des modes de vie, l’exode des jeunes et l’influence des nouvelles technologies exposent certaines pratiques traditionnelles au risque de disparition. Le Festival Nissondia se veut ainsi un espace de transmission intergénérationnelle permettant aux jeunes de mieux connaître leur histoire et leurs traditions.

Mme Diomandé a également insisté sur la vocation inclusive du festival, qui entend rassembler les populations autochtones, allogènes et les différentes communautés vivant dans la localité autour de la fraternité, du respect et du partage.
La culture, un vecteur de fraternité

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Représentant la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, le directeur régional de la Culture et de la Francophonie du Tonkpi, Amon Barthélémy, a salué une initiative qui contribue à consolider l’unité des filles et fils de Sokourala.
Des vestiges du patrimoine de Vassouatchè Diomandé, fondateur de Sokourala Vassouatchè-fesso

Il a estimé que le thème de cette édition rappelle l’importance, pour une communauté, de connaître et de valoriser son patrimoine afin de disposer de « racines solides pour construire son avenir ».

Pour M. Amon, le patrimoine culturel ne se limite pas aux danses, chants, costumes, contes, rites, savoir-faire artisanaux ou traditions culinaires. Il englobe également la mémoire collective, les modes de vie, les récits, les valeurs et les pratiques qui permettent à une communauté de préserver son identité et de transmettre son héritage aux générations futures.

Il a particulièrement mis en avant la fraternité, valeur inscrite dans l’hymne national ivoirien, comme un élément essentiel de la cohésion sociale.

« La Côte d’Ivoire est une terre de diversité. Nous comptons au moins une soixantaine d’ethnies. Cette diversité est une richesse. Nos différences ethniques, linguistiques, religieuses et culturelles ne doivent pas constituer des murs qui nous séparent. Elles doivent plutôt devenir des ponts qui nous rapprochent », a-t-il souligné.

Selon lui, la culture offre justement un cadre privilégié pour transformer les différences en occasions de rencontre et de découverte.

« La culture rassemble. La culture dialogue, la culture appelle, la culture réconcilie », a-t-il affirmé, expliquant qu’un festival permet à des personnes d’horizons différents de partager une danse, de découvrir une tradition, de goûter une spécialité, d’écouter une histoire ou d’admirer le savoir-faire d’un artisan.
Faire de la jeunesse une héritière et une ambassadrice du patrimoine

Le directeur régional de la Culture et de la Francophonie du Tonkpi a appelé à faire du Festival Nissondia davantage qu’une simple manifestation festive, en le positionnant comme un espace de transmission, de dialogue, de rencontre et de valorisation de l’identité culturelle.

Il a invité les organisateurs et les communautés à accorder une attention particulière à la jeunesse, estimant qu’une génération qui ignore son histoire et son patrimoine risque de perdre progressivement ses repères.

« Nous devons faire de nos jeunes des héritiers mais également des ambassadeurs de notre patrimoine », a-t-il déclaré.

M. Amon a toutefois appelé à adapter la transmission du patrimoine aux réalités contemporaines. « Préserver notre patrimoine ne signifie pas vivre dans le passé. C’est donner à notre avenir des racines », a-t-il relevé.

Il a ainsi encouragé les acteurs culturels à permettre aux jeunes de comprendre que le patrimoine peut également constituer une source d’opportunités économiques.

« La culture peut générer des emplois. La culture peut stimuler le tourisme. La culture peut développer l’artisanat. La culture peut contribuer à l’attractivité de notre territoire », a-t-il énuméré.

Il a assuré que le ministère de la Culture et de la Francophonie encourage les initiatives visant à faire vivre le patrimoine, à le documenter, à le transmettre et à en faire un levier du développement local.
Des expressions culturelles au service du développement

La cérémonie d’ouverture a été ponctuée par des prestations de danses et de masques de la localité et de communautés allogènes, mettant en lumière la diversité des expressions culturelles de Sokourala.

Le représentant de la ministre de la Culture a salué l’engagement des chefs traditionnels, gardiens de la mémoire collective, ainsi que celui des artisans, danseurs, musiciens, conteurs, écrivains et autres acteurs culturels qui contribuent à la préservation et à la promotion du patrimoine.

Il a souhaité que le Festival Nissondia devienne, au fil des éditions, « un rendez-vous culturel majeur du Tonkpi », favorisant les échanges entre les générations, les communautés et les cultures.

« Que Nissondia soit un produit d’appel, de rassemblement qui réellement impulse le développement que nous appelons de tous nos vœux sous le sceau de la fraternité », a-t-il souhaité.

L’un des temps forts de l’ouverture a été l’inauguration d’une bibliothèque de plus de 400 ouvrages, offerte par la présidente de la MUDES à l’École primaire publique (EPP) de Sokourala.

Pour Affissiata Diomandé, cette initiative vise à développer le goût de la lecture chez les enfants, à enrichir leurs connaissances et à leur donner des outils pour mieux préparer leur avenir.

« Investir dans l’Education de nos enfants, c’est investir dans l’avenir de Sokourala et contribuer à son développement durable », a-t-elle affirmé.
Un festival appelé à fédérer les communautés
Le sous-préfet de Sandougou-Soba, Djekou Fahio Léonard ouvre officiellement la 4e édition du festival Nissondia, le 21 août 2026 à Sokourala Vassouatchè-fesso

Le sous-préfet de Sandougou-Soba, Djekou Fahio Léonard, représentant le préfet de la région du Tonkpi et du département de Man, a également salué l’initiative, estimant que la culture constitue un facteur d’unité et de rapprochement entre les populations.

« Ici, il n’y a pas de parti politique. Ici, il n’y a pas de Yacouba, il n’y a pas de Burkinabé. C’est la culture qui nous unit et c’est la culture qui fortifie nos liens », a-t-il relevé.

Il a souhaité que l’expérience de Nissondia inspire les autres mutuelles de la sous-préfecture afin de fédérer leurs initiatives culturelles et de renforcer l’unité des populations autour d’actions communes.

La 4e édition du Festival Nissondia a mobilisé les ressortissants de Sokourala Vassouathè-fesso, les communautés vivant dans la localité et les partenaires autour de la préservation du patrimoine, du renforcement de la cohésion sociale et du développement local.

« Notre diversité est notre richesse, notre patrimoine est notre identité, notre culture est notre force, notre cohésion sociale est notre avenir », a conclu le directeur régional de la Culture et de la Francophonie du Tonkpi.

(AIP)

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