L’emploi des jeunes et des femmes dans le Pnd 2026-2030 : Cap sur la concrétisation des engagements sur le terrain
Les 8 et 9 juillet 2026, au Sofitel Hôtel Ivoire, la Côte d’Ivoire a mobilisé ses partenaires autour du PND 2026-2030. Un mois plus tard, le 6 août, le Président Alassane Ouattara a rappelé dans son adresse à la Nation que l’emploi des jeunes et des femmes serait « la priorité des priorités ». Entre les annonces et la réalité des régions, l’enjeu est désormais de passer des engagements aux emplois.
Avec le Plan national de développement (Pnd 2026-2030), le gouvernement ivoirien a fait un choix : placer l’emploi des jeunes et des femmes au centre de la stratégie de croissance. Ce choix a été réitéré à deux reprises. D’abord lors du Groupe consultatif des 8 et 9 juillet au Sofitel Hôtel Ivoire, où l’exécutif a présenté aux partenaires un plan chiffré visant 2,5 millions d’emplois décents d’ici 2030. Ensuite le 6 août 2026, quand le Président Alassane Ouattara a lui-même réaffirmé dans son adresse à la Nation que l’insertion des jeunes et des femmes constituait « la priorité des priorités du quinquennat ».
Le détail du plan donne la mesure de l’ambition. Il est prévu que 60% des emplois bénéficient aux jeunes de 18 à 35 ans et 40% aux femmes. Pour y parvenir, le PND mise sur le financement de 500.000 petites et moyennes entreprises (Pme) et très petites entreprises (Tpe) portées par des jeunes et des femmes, sur la formation d’un million de jeunes aux métiers du numérique, de l’agro-industrie et des énergies renouvelables, et sur des mécanismes de crédit spécifiquement dédiés. L’objectif est clair : ne plus se contenter d’investir dans les infrastructures, mais garantir des débouchés directs à une population jeune et en forte croissance.
Les partenaires techniques et financiers ont emboîté le pas dès Abidjan. Au terme de la première journée du Groupe consultatif, ils ont annoncé des engagements à hauteur de 80 milliards de dollars, soit environ quatre fois le montant initialement recherché de 11 138,2 milliards Fcfa. La Banque africaine de développement, l’Union européenne, le PNUD et le secteur privé ont fléché leurs interventions vers l’entrepreneuriat, la formation professionnelle et l’inclusion financière. Cette mobilisation exprime une confiance dans la trajectoire ivoirienne, mais elle s’accompagne d’exigences. Les bailleurs demandent des projets bancables, de la transparence et surtout des résultats mesurables.
C’est précisément sur la concrétisation que tout se jouera. Entre le discours du 6 août, les promesses du Sofitel et l’attente des jeunes à Bouaké, Daloa ou Abobo, l’écart doit être réduit rapidement. Le gouvernement assure vouloir des « résultats mesurables ». Les organisations de jeunesse et de femmes réclament des fonds véritablement accessibles, des formations en adéquation avec le marché du travail et une simplification des procédures administratives qui bloquent encore de nombreux porteurs de projets.
En faisant de l’emploi des jeunes et des femmes le marqueur du Pnd 2026-2030, et en le rappelant au plus haut sommet de l’Etat, la Côte d’Ivoire a posé les bases d’un contrat politique fort. Les financements sont annoncés. Le défi des cinq prochaines années sera de transformer ces engagements pris à Abidjan en opportunités réelles sur le terrain.