Souleymane Cissé (président du Racing Club d’Abidjan) : « J’ai retiré ma candidature en toute conscience »
Il s’agit d’une décision personnelle, réfléchie et pleinement assumée. Une candidature n’a jamais été une fin en soi. Elle n’était qu’un moyen au service d’une ambition plus grande : contribuer à construire le football ivoirien que nous méritons. J’aurais pu aller à cette élection. Nous étions prêts à gagner. Mais une élection est une échéance. Une conviction est un engagement beaucoup plus long. J’ai considéré qu’à ce moment précis, il fallait privilégier l’essentiel.
Avez-vous subi des pressions ?
Je comprends que les gens s’interrogent. Mais je veux être extrêmement clair : ma décision est personnelle et je l’assume entièrement. Je n’ai reçu ni argent, ni poste, ni promesse, ni garantie pour retirer ma candidature. Je réfute donc catégoriquement les récits qui présentent mon retrait comme le résultat d’un arrangement.
N’avez-vous pas été contacté par le président sortant, Idriss Diallo ?
Ma déclaration est sans ambiguïté : aucune négociation n’a été entreprise au sujet de mon retrait. Je ne me suis pas assis avec lui pour négocier mon retrait. Je n’ai discuté avec lui d’aucun arrangement, pas plus que je n’ai négocié un poste à la fédération. Je tiens à ce que cette précision soit respectée.
Quelles sont les vraies raisons de ce retrait ?
La vérité est beaucoup plus simple que les récits qui circulent. J’ai fait un choix en toute conscience. Je ne veux pas me renier pour obtenir une place. Je ne veux pas non plus transformer une élection en affrontement qui laisserait le football ivoirien plus divisé qu’il ne l’était avant mon engagement. J’ai préféré la responsabilité à la confrontation, le recul à la précipitation et la construction à la polémique.
Comment vivez-vous ce rendez-vous manqué ?
Je ne le vis pas comme une défaite. J’ai connu la victoire, mais aussi la blessure, la reconstruction et aujourd’hui la relégation de mon club. Le football m’a appris qu’un homme ne se mesure pas uniquement à la hauteur de ses victoires, mais à la manière dont il traverse ses épreuves. Une candidature peut s’arrêter. Une conviction, elle, ne s’arrête pas. Je reste donc debout.
Quelle a été la réaction des clubs qui vous soutenaient ?
À ceux qui m’ont soutenu ouvertement ou dans la discrétion, je dis qu’ils n’ont pas perdu. Ce que nous avons construit ensemble ne se résume pas à une candidature. Nous avons ouvert une conversation sur l’avenir du football ivoirien. Nous avons posé des questions et montré qu’une autre vision était possible.
Vous excluez tout ralliement à l’équipe en place ?
Je ne suis pas favorable à un quelconque ralliement. Je ne pouvais pas travailler hier avec des personnes dont je ne partageais pas la vision. Je ne peux pas le faire aujourd’hui et je ne pourrai pas davantage le faire demain. Je ne veux pas me renier pour obtenir une place. En revanche, je veux continuer à rassembler. Je ne veux pas construire contre quelqu’un. Je veux construire pour la Côte d’Ivoire.
Que va faire Souleymane Cissé désormais ?
Je vais continuer à faire ce que je fais depuis des années : travailler pour le football ivoirien. Je continuerai à défendre la formation, les clubs, les jeunes, le football féminin et la professionnalisation de notre football. Je continuerai à réfléchir, à proposer, à transmettre et à accompagner. Mon histoire avec le football ivoirien ne s’arrête pas avec le retrait de cette candidature.
Que répondez-vous à ceux qui considèrent votre retrait comme un abandon ?
Je leur réponds simplement : je ne recule pas. Je choisis un chemin. Je reste convaincu que la Côte d’Ivoire mérite un football à la hauteur de son talent, de sa jeunesse, de son histoire et de ses ambitions. La candidature pour l’échéance 2026 s’arrête. Le projet, lui, ne s’arrête pas. Le combat continue !