Réforme électorale : L’Uhr propose de tourner la page avec une Autorité nationale des élections

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Le parti dévoile un ambitieux projet de refondation du système électoral ivoirien axé sur la transparence, la digitalisation et la prévention des crises.

L’Union des Houphouëtistes Républicains (UHR) a rendu publique, ce jeudi 25 juin 2026, une proposition de réforme en profondeur du système électoral ivoirien. Adressé au Gouvernement, aux militants, aux sympathisants et au grand public, le document préconise le remplacement de la Commission électorale indépendante (CEI) par une nouvelle institution dénommée Autorité Nationale des Élections en Côte d’Ivoire (ANE-CI).

Selon l’UHR, cette réforme répond à la nécessité de « rompre avec l’image de crise et de contestation » qui, selon le parti, accompagne les différents processus électoraux. L’objectif affiché est de mettre en place un organisme plus crédible, plus équilibré et plus transparent, capable de restaurer durablement la confiance des citoyens dans les élections.

Le projet repose sur sept principes fondateurs : la neutralité politique, l’équilibre institutionnel, la transparence totale, la décentralisation, la participation citoyenne, la digitalisation intégrale du processus électoral ainsi qu’un contrôle permanent assuré par des observateurs nationaux et internationaux.

Une gouvernance plus équilibrée

L’UHR propose que l’ANE-CI soit dirigée par un Conseil supérieur électoral composé de quinze membres représentant les principales composantes de la nation. La répartition envisagée comprend trois représentants du pouvoir, trois de l’opposition, deux des partis centristes ou non alignés, deux de la société civile, un représentant des organisations religieuses, un représentant des chefs traditionnels, un magistrat élu par ses pairs, un représentant du barreau ainsi qu’un expert électoral international résident ayant un statut d’observateur.

Les futurs membres devraient satisfaire à plusieurs critères d’éligibilité, notamment la présentation d’un casier judiciaire vierge, une déclaration de patrimoine, une neutralité partisane pour les membres techniques, un mandat unique de six ans et l’interdiction d’exercer simultanément une fonction politique active.

Une nouvelle architecture institutionnelle

Le projet prévoit également une profonde réorganisation de la gouvernance électorale. Une Direction générale des élections serait chargée de l’organisation matérielle des scrutins, de la publication des résultats, de la cartographie électorale et de la gestion biométrique.

L’UHR propose en outre la création d’une Cour électorale constitutionnelle spéciale, compétente pour connaître des contentieux électoraux, des recours, des cas de fraude et de la validation définitive des résultats.

Le dispositif serait complété par un Observatoire national de la transparence électorale réunissant universitaires, organisations de la société civile, médias et organisations de jeunesse. Cet organe aurait pour mission de publier des rapports trimestriels, de contrôler le financement des campagnes et de suivre le déroulement des processus électoraux.

Miser sur le numérique pour renforcer la confiance

Parmi les innovations majeures proposées figure la mise en place d’un audit biométrique permanent du fichier électoral. Celui-ci serait interconnecté avec les bases de données de l’état civil, des déclarations de décès, de la nationalité et de la pièce nationale d’identité afin d’assurer une mise à jour continue des listes électorales.

Le parti préconise également une publication numérique en temps réel des résultats grâce à un système sécurisé comprenant des QR codes et une transmission instantanée des procès-verbaux. Chaque citoyen pourrait ainsi consulter les résultats de son bureau de vote, dans un souci de transparence.

L’UHR suggère par ailleurs la modernisation du vote de la diaspora, notamment à travers un vote électronique encadré, un vote anticipé et le renforcement des centres consulaires.

Des réformes institutionnelles complémentaires

Le document recommande également l’instauration d’un recensement électoral permanent, permettant à tout citoyen d’être automatiquement inscrit sur la liste électorale dès l’âge de 18 ans.

L’UHR plaide également pour une redéfinition des compétences institutionnelles en matière électorale, estimant que le ministère de l’Intérieur ne devrait plus être chargé de l’organisation des élections.

Le parti souhaite aussi une présence permanente d’observateurs internationaux issus notamment de l’Union africaine, de la CEDEAO, de l’Organisation internationale de la Francophonie ainsi que d’organisations africaines spécialisées dans l’observation des élections.

Un Pacte national pour des élections apaisées

Sur le plan politique, l’UHR propose l’adoption d’un Pacte national pour des élections sans violence. Celui-ci comprendrait plusieurs mesures, parmi lesquelles la limitation des discours communautaires durant les campagnes, l’organisation obligatoire d’un débat présidentiel, le plafonnement des dépenses électorales ainsi que des sanctions immédiates contre l’achat de conscience.

Le parti propose également la création d’un Fonds national de garantie démocratique, financé par le budget de l’État, les partenaires internationaux et une contribution citoyenne symbolique, afin d’assurer un financement transparent des processus électoraux.

À travers cette réforme, résumée par les slogans « Une voix, un citoyen, une vérité électorale » et « La démocratie ne doit plus dépendre d’un camp », l’UHR affirme vouloir contribuer à une sortie durable des crises électorales, à une refondation de la gouvernance démocratique, au renforcement de la stabilité économique et à la consolidation de la paix nationale. Le parti entend ainsi se positionner comme une force de modernisation institutionnelle et un acteur engagé en faveur d’une justice électorale renforcée.

 

SOURCE : Fratmat

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