Lancement Sica 2026/ Amadou Coulibaly : « Les contenus audiovisuels sont des instruments de souveraineté »
Ayant pour thème : « Économie des contenus et diplomatie culturelle : mieux structurer l’industrie audiovisuelle et cinématographique africaine », cette édition entend renforcer la souveraineté narrative du continent tout en faisant des contenus africains de véritables leviers de croissance économique et d’influence culturelle.
La cérémonie, rythmée par des intermèdes musicaux et un plateau de réflexion conduit par le professeur Akindès autour du thème :
Amadou Coulibaly, ministre de la Communication, a souligné la montée en puissance du Sica depuis sa création en 2023. Selon lui, le salon dépasse désormais le simple cadre professionnel pour devenir un véritable mouvement au service de la souveraineté culturelle africaine.
« Pendant trop longtemps, les récits africains ont été produits ailleurs. Aujourd’hui, le continent revendique sa souveraineté narrative. Et cette souveraineté ne peut exister sans une industrie forte, structurée et compétitive », a-t-il déclaré.
Pour lui, les contenus audiovisuels ne relèvent plus uniquement de l’expression culturelle. Ils constituent désormais des
Le ministre a également rappelé les réformes engagées par la Côte d’Ivoire depuis les années 1990 dans le domaine de la communication. Notamment la libéralisation de l’espace audiovisuel sous l’impulsion du Président Ouattara, la création de la TNT ainsi que le renforcement du cadre réglementaire.
« Notre ambition va plus loin. Nous voulons bâtir une véritable économie des contenus. Nous voulons faire émerger des champions africains de l’audiovisuel et positionner la Côte d’Ivoire comme un hub régional », a-t-il affirmé.
Saluant la présence du Japon comme pays à l’honneur, il a évoqué une coopération culturelle fondée sur l’innovation, les industries créatives et les échanges entre les deux pays. Il a notamment mis en avant les opportunités offertes aux jeunes créateurs ivoiriens dans les domaines des jeux vidéo et des films d’animation.
Le commissaire général du Sica, Oumar Konaté, a, pour sa part, insisté sur la dimension stratégique du salon. « Le Sica n’est pas seulement un événement. C’est un espace de respiration, d’inspiration et de transformation », a-t-il déclaré, reprenant les mots d’un réalisateur africain rencontrés lors de l’édition précédente.
À l’en croire, le salon est devenu un marché, un laboratoire d’idées et un lieu de convergence entre diffuseurs, producteurs et créateurs africains. Il a également annoncé une nouvelle phase dans l’organisation du Sica, avec un commissariat général renforcé, un secrétariat exécutif permanent et un comité scientifique élargi afin de faire du salon « une institution pérenne et influente à l’échelle continentale et internationale ».
Françoise Remarck, ministre de la Culture et de la Francophonie, a salué le travail du comité d’organisation ainsi que l’engagement des professionnels ivoiriens du cinéma et de l’audiovisuel.
Elle a rappelé que la Côte d’Ivoire a fait de la culture et des industries créatives un levier stratégique de développement grâce à la vision du Président Ouattara et à l’adoption d’une politique culturelle nationale depuis 2014.
La ministre a également insisté sur le rôle de la culture dans l’employabilité des jeunes et dans l’attractivité du pays. Selon elle, la Côte d’Ivoire s’impose progressivement comme une destination crédible pour les tournages et les industries créatives.
Invité d’honneur du Sica 2026, le Japon entend renforcer sa coopération culturelle avec la Côte d’Ivoire et l’Afrique à travers les industries audiovisuelles. L’ambassadeur Gomakubo Junji a rappelé les échanges déjà initiés entre professionnels japonais et africains autour des mangas, de l’animation et des jeux vidéo.
« Les participants japonais ont pu constater le dynamisme et le potentiel extrêmement élevé de l’industrie audiovisuelle africaine, particulièrement en Côte d’Ivoire », a-t-il indiqué.
Prévu du 26 au 28 novembre, à Abidjan, le Sica ambitionne de consolider la place de la Côte d’Ivoire comme plateforme africaine majeure de l’audiovisuel, du cinéma et des industries créatives.
SOURCE : Fratmat