Droits international pénal et humanitaire : Abidjan accueille la 10e session de formation pour renforcer la lutte contre l’impunité

Abidjan, 4 mai 2026 (AIP)- La dixième session délocalisée des formations en droits internationaux des droits de l’homme s’est ouverte, lundi 4 mai 2026 à Abidjan, réunissant acteurs judiciaires, universitaires et partenaires internationaux autour du thème « Droits international pénal et droits international humanitaire », avec pour ambition de renforcer les capacités face aux violations et de promouvoir une justice plus efficace contre l’impunité.
Au nom du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, son directeur de cabinet a déclaré ouverte la session. Il a souligné que, « de nombreuses atteintes aux droits de l’homme résultent fondamentalement de la méconnaissance des droits ».
Il a salué l’engagement des partenaires, notamment la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté, le CNDH, le PNUD et l’ambassade de Corée, qui font de la Côte d’Ivoire, « un point original de formation en matière des droits de l’homme ».
Le représentant résident adjoint du PNUD, Olivier Gaël, a dressé un constat alarmant de la situation internationale. « Partout sur la planète, nous voyons des violences qui s’installent, des conflits qui perdurent, des civils qui paient le prix le plus lourd », a-t-il déclaré, évoquant les près de quatre millions de déplacés dans le Sahel.
Il a insisté sur le devoir de ne jamais laisser les exécutions sommaires ou les violences sexuelles devenir, « normales ni anonymes ». Soulignant les progrès de la Côte d’Ivoire (adhésion au Statut de Rome, ratification de conventions contre la torture et les disparitions forcées), il a invité les participants, « sentinelles de la dignité humaine », à faire du droit un rempart agissant.
La directrice Afrique de l’Ouest de la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté, Alexandra Heldt, a exprimé sa fierté pour ces « dix ans d’engagement ». Elle a rendu un vibrant hommage à la Fondation René Cassin, marquant le caractère « exemplaire » de ce partenariat franco-allemand.
Rappelant l’héritage de René Cassin, elle a expliqué la complémentarité entre le droit international pénal (juger après les conflits) et le droit international humanitaire (protéger pendant les conflits). « Nulle autorité, nul rang, nul statut ne peut constituer un bouclier contre la justice internationale », a-t-elle martelé, avant de souhaiter la bienvenue aux participants venus de toute la sous-région.
Le directeur de la Fondation René Cassin, Sébastien Touze, pour sa part, a estimé que cette dixième session, « prend par la gravité du moment une signification plus profonde ». Face aux guerres au Soudan, en Ukraine ou à Gaza, il a mis en garde contre la tentation du renoncement. « Le droit international humanitaire repose sur une affirmation fragile mais immense, même la guerre a des limites », a-t-il insisté.
M. Touze a défendu une justice pénale internationale « irréprochable dans sa méthode, cohérente dans ses priorités et universelle dans ses exigences », tout en saluant les juridictions nationales et hybrides africaines comme des laboratoires d’invention. Il a conclu en appelant à la responsabilité de chacun pour faire vivre les valeurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Prenat la parole, le président du CNDH, Dr Adjélou Christian Arnaud, a exprimé « l’honneur » de son institution d’accueillir cette formation. Il a remercié l’ensemble des partenaires, dont les Fondations Cassin et Naumann, saluant particulièrement le travail de l’équipe de cette dernière.
Le nouveau président du CNDH a rappelé que la Côte d’Ivoire, ayant ratifié « la quasi-totalité des instruments internationaux », est résolument engagée pour les droits de l’homme. Souhaitant une fructueuse semaine aux près de 90 auditeurs attendus sur l’ensemble des activités, il a invité les partenaires à continuer d’accompagner l’« Université des droits de l’homme » du CNDH, socle essentiel de la formation durable.
La session, qui se tient sur une semaine, permettra aux magistrats, avocats, militaires et membres de la société civile d’être outillés sur les qualifications des crimes de guerre, la documentation des violations et le dialogue avec les juridictions internationales.
(AIP)