Après les élections législatives partielles à Toumodi, qui ont vu la victoire d’Hervé Alliali du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci-Rda) avec 56,11 % face à Dr Raymonde Goudou-Coffie du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) ayant obtenu 42,37 %, selon les résultats provisoires proclamés par la Commission électorale indépendante (Cei), le Consortium de la société civile pour les élections apaisées en Côte d’Ivoire (Coscel-CI) a animé une conférence de presse. Celle-ci s’est tenue le 22 février 2026, au siège de la Foscao-CI, à Abidjan-Cocody.
Dans son rapport final, l’organisation indique que le scrutin s’est déroulé dans un climat globalement apaisé, malgré quelques irrégularités relevées. Celles-ci, précise-t-elle, ne remettent pas en cause la crédibilité du vote.
En outre, le Coscel-CI souligne que la décision de reprise de l’élection législative à Toumodi, prise par le Conseil constitutionnel, est révélatrice du défi de la cohésion sociale en Côte d’Ivoire.
En effet, cette élection s’est déroulée dans un contexte tendu. Les séquelles de la crise politique et électorale de 2020 sont encore présentes dans les esprits, en témoigne la méfiance entre acteurs politiques locaux, accentuée par les divisions communautaires. « Tous craignaient une escalade de la violence durant le processus électoral », rapporte l’organisation.
Au-delà du scrutin, le consortium estime que le défi majeur reste celui de la cohésion sociale et communautaire à Toumodi. C’est pourquoi il invite les autorités coutumières et religieuses, ainsi que les responsables politiques, à unir leurs efforts pour renforcer le vivre-ensemble. Selon le Coscel-CI, le déroulement pacifique du vote dans cette circonscription électorale démontre que la réconciliation demeure possible lorsque les engagements sont respectés par toutes les parties.
À l’issue de son observation, le Coscel-CI formule plusieurs recommandations. Il préconise, notamment la poursuite du dialogue entre les différentes composantes sociales (ethniques, religieuses et économiques) afin de préserver la paix ; le renforcement du dispositif sécuritaire autour des bureaux de vote pour prévenir les tensions futures ; l’intensification de la sensibilisation des populations au processus électoral, la gestion du fichier électoral et la distribution des cartes d’électeur, en vue de consolider la confiance et la transparence.
L’organisation recommande également à la Commission électorale indépendante de s’approprier davantage les méthodologies d’observation citoyenne, telles que l’observation fixe et itinérante, afin d’éviter les cas de refoulement d’observateurs.
Aux partis et groupements politiques, le consortium demande de promouvoir la culture de la paix et de la tolérance ; de former leurs militants à la lutte contre la désinformation et les discours de haine en ligne ; de renforcer les mécanismes de prévention et de gestion des conflits en période électorale ; de vulgariser le code de bonne conduite auprès de leurs bases.
Pour rappel, le Coscel-CI regroupe six organisations de la société civile, à savoir Foscao-CI, Indigo Côte d’Ivoire, Afjci, Oidh, Ceva et Cosopci. Il bénéficie de l’appui financier et technique du National democratic institute (Ndi).
SOURCE : Fratmat