Égypte–Iran: coordination bilatérale face aux tensions régionales

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L’échange entre Abdel Fattah Al-Sissi et Massoud Pezeshkian illustre l’ambition du Caire de se poser en acteur de stabilisation régionale, sans toutefois disposer de leviers décisifs face à l’escalade entre Washington et Téhéran.

Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi s’est entretenu par téléphone, samedi, avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian, dans un contexte de regain de tensions entre les États-Unis et l’Iran autour du programme nucléaire iranien. Selon un communiqué de la présidence égyptienne, Téhéran a exprimé sa volonté de maintenir une coordination « de haut niveau » avec Le Caire afin de contribuer à l’apaisement des tensions au Moyen-Orient.

Lors de cet échange, les deux dirigeants ont évoqué les derniers développements du dossier nucléaire iranien. Al-Sissi a fait part de la « profonde préoccupation » de l’Égypte face à la montée des tensions régionales, appelant à éviter toute escalade militaire. Le chef de l’État égyptien a insisté sur le fait que la voie politique et diplomatique constitue, selon Le Caire, le seul moyen crédible de prévenir un nouveau cycle d’instabilité dans une région déjà fragilisée par des conflits multiples.

Cette position, régulièrement réaffirmée par l’Égypte sur les dossiers régionaux, s’inscrit dans une diplomatie de prudence visant à préserver ses équilibres stratégiques. Le Caire cherche ainsi à maintenir des canaux ouverts avec l’ensemble des acteurs, y compris l’Iran, tout en restant aligné sur ses partenariats traditionnels avec les États-Unis et les puissances occidentales. Un exercice d’équilibrisme diplomatique qui limite, de facto, sa capacité d’influence réelle sur les choix stratégiques de Washington ou de Téhéran.

Al-Sissi a rappelé qu’il avait récemment défendu cette approche auprès du président américain lors d’échanges en marge du Forum de Davos, soulignant que seule une reprise du dialogue et des négociations pouvait permettre d’éviter une confrontation aux conséquences régionales majeures. Cette posture conforte le rôle que l’Égypte revendique comme médiateur, sans toutefois masquer l’absence de cadre formel ou d’initiative concrète susceptible de relancer un processus de négociation gelé.

De son côté, Massoud Pezeshkian a salué le « rôle positif » joué par l’Égypte dans les efforts de désescalade, remerciant Le Caire pour ses initiatives en faveur de la sécurité régionale. Ces déclarations relèvent néanmoins davantage de la courtoisie diplomatique que d’un alignement stratégique profond, les relations entre l’Égypte et l’Iran demeurant marquées par une coopération limitée et prudente.

Cet échange intervient alors que la tension militaire s’intensifie dans la région, avec le déploiement de forces navales supplémentaires au Moyen-Orient sur décision du président américain Donald Trump, qui a menacé l’Iran d’une action militaire en lien avec son programme nucléaire. Téhéran a, en retour, averti qu’il répondrait fermement à toute attaque conjointe israélo-américaine.

SOURCE:APANews

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