La chambre criminelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Dédougou a condamné, le mardi 27 janvier 2026, un Volontaire pour la défense de la patrie (VDP) à la réclusion criminelle à perpétuité, a rapporté nos confrères de « LeFaso.net ». L’accusé, nommé O.L., a été reconnu coupable de l’assassinat d’un commerçant déplacé interne, du recel de son cadavre et du vol de ses biens.

Les faits remontent à la fin de l’année 2025 dans la commune rurale de Bondoukuy (province du Mouhoun). La victime, V.B., un commerçant ambulant qui luttait pour subvenir aux besoins de sa famille déplacée à Dédougou, a croisé la route de son bourreau lors d’une de ses tournées commerciales.

À la barre, l’accusé a plaidé coupable tout en tentant de justifier son acte par une méprise nocturne. Il a affirmé avoir ouvert le feu sur une silhouette s’approchant de son domicile, pensant faire face à un individu malintentionné.

Cependant, le scénario qui a suivi le coup de feu a fini de convaincre les juges de la préméditation et de la cruauté de l’acte.

Après avoir abattu le commerçant, O.L. a jeté le corps dans un puits perdu, le recouvrant de paille de riz et de pierres pour masquer l’odeur et la vue. Il a ensuite dérobé la somme de 38 000 FCFA, brûlé les téléphones de la victime pour effacer toute trace numérique et confié la motocyclette à un mécanicien pour qu’elle soit dépiécée et revendue.

Un «mur de silence» brisé par l’odeur

Le cynisme de l’accusé a été particulièrement souligné par le tribunal. Membre des VDP de la localité, il a participé aux battues organisées par les autorités pour retrouver le commerçant disparu, gardant un silence total sur sa propre implication. Ce n’est que plusieurs jours plus tard que la décomposition du corps a alerté les riverains, menant finalement à son interpellation.

Lors du procès, le père de la victime, submergé par l’émotion, a réclamé la loi du talion. De son côté, le ministère public a fustigé un acte «ignoble» qui ternit l’image des forces supplétives engagées dans la sécurisation du pays.

«Nous ne devons plus jamais assister à de tels actes. Faites fi de sa qualité de VDP, il n’y a aucune circonstance atténuante», a martelé le procureur du Faso dans son réquisitoire. Suivant cette ligne, le tribunal n’a accordé aucune clémence au prévenu, le condamnant à l’emprisonnement à vie.

V.B. laisse derrière lui des veuves et des orphelins dans la précarité.

SOURCE:APANews