Bénin : un ex-ministre arrêté pour le putsch du 7 décembre

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Le vice-président des Démocrates a été placé sous mandat de dépôt jeudi dans le dossier de la tentative de coup d’État du 7 décembre, que le président Patrice Talon avait qualifié de simple « incident » mené par des « voyous ».

Le vice-président du principal parti d’opposition béninois, Les Démocrates, Alassane Tigri, a été placé sous mandat de dépôt jeudi soir dans le cadre de l’instruction judiciaire sur la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, un événement que le président Patrice Talon avait qualifié de simple « incident ».

Arrêté mercredi 28 janvier à son domicile à Cotonou sur la base d’un mandat d’arrêt émis par le juge d’instruction de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), l’ancien ministre a été présenté jeudi après-midi devant la Commission d’instruction, rapporte le site d’informations Banouto.

Selon Banouto, Alassane Tigri s’est présenté vêtu d’un pull à capuche de couleur grise et d’un pantalon jeans bleu sur des baskets. L’audition qui a débuté dans l’après-midi a duré plusieurs heures, se terminant vers 17h. Le responsable du parti Les Démocrates a ensuite été conduit devant le juge des libertés et de la détention en présence de son avocat. Cette audition s’est soldée, un peu plus tard dans la soirée, par une décision de mise sous mandat de dépôt.

Cette incarcération intervient plus d’un mois après l’attaque du 7 décembre que le président Patrice Talon avait minimisée lors d’une conférence de presse accordée dans la deuxième quinzaine de décembre 2025. « Pour moi, ce n’est pas véritablement une tentative de coup d’État, parce qu’il faut bien plus que ça pour soumettre un État entier », avait déclaré le chef de l’État béninois, qualifiant les assaillants de « voyous » manipulés par des « acteurs politiques marginaux ».

Le président Talon avait alors condamné ceux qui s’étaient « réjouis » publiquement de l’attaque, sans citer de noms, indiquant que « la justice s’est déjà saisie de cette affaire ».

L’attaque avait été menée par des mutins dirigés par le lieutenant-colonel Pascal Tigri de la Garde nationale, qui devait assurer la présidence de la transition d’un « Conseil militaire pour la refondation » (CMR). Pascal Tigri et plusieurs de ses complices sont toujours en fuite, le Bénin ayant sollicité la coopération internationale pour leur arrestation.

Le président Talon avait justifié le recours à l’aviation nigériane pour neutraliser les mutins retranchés au camp de Togbin, expliquant qu’il fallait « éviter un bain de sang ». L’intervention, effectuée « via la Cédéao », avait permis de provoquer « la débandade » des assaillants. L’attaque avait fait deux morts : l’épouse du général Bada et un soldat de la garde républicaine.

L’incarcération d’Alassane Tigri survient à quelques mois de la présidentielle, à laquelle ne participera pas son parti, Les Démocrates, pour insuffisance de parrainages, une situation qui alimente les tensions politiques au Bénin.

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