Le Conseil constitutionnel a rejeté la requête en contentieux d’Assalé Tiémoko, confirmant la victoire d’Alpha Sanogo (RHDP, pouvoir) lors des législatives du 27 décembre 2025 à Tiassalé (Sud ivoirien). Malgré cette éviction de l’hémicycle, le député sortant affiche une sérénité combative et revendique une victoire morale d’envergure nationale.
La décision était attendue avec une fébrilité particulière. Après l’examen du contentieux né du scrutin du 27 décembre 2025, la haute juridiction ivoirienne a tranché : les résultats proclamés par la Commission électorale indépendante (CEI) donnant la victoire à Alpha Sanogo avec 52,42 % des voix sont définitivement validés.
Pour Assalé Tiémoko, figure de proue de Tiassalé et Morokro (circonscription électorale), cette décision du Conseil constitutionnel ivoirien, marque la fin d’un mandat parlementaire de cinq ans, mais non celle de son engagement.
« J’ai perdu une vie, mais j’ai gagné une cause »
C’est un homme serein, bien qu’insatisfait par le verdict judiciaire, qui s’est adressé à ses partisans. « J’ai perdu une vie, mais j’ai gagné une cause », a-t-il déclaré, appelant les populations de Tiassalé au calme.
« En 2023, j’ai remporté les élections municipales. Sur requête de mon adversaire du RHDP, qui se disait victime d’injustice, ma victoire a été annulée, l’élection a été reprise, et je l’ai de nouveau remportée. Cette fois, c’est moi qui ai demandé justice, mais je ne l’ai pas obtenue. Je comprends votre colère et votre peine. Avançons cependant : mon combat dépasse un siège de député », a-t-il dit.
Pourtant, pour le leader du parti ADCI (Association démocrate de Côte d’Ivoire), l’essentiel est ailleurs. Durant cinq ans, Assalé Tiémoko a réussi le pari de transformer la fonction de député en un levier d’influence sociale directe.
L’élu sortant quitte l’Assemblée nationale avec un héritage législatif et social concret. Il a été le fer de lance de la réforme des COGES, ayant abouti à la suppression des cotisations exceptionnelles dans les écoles.
Son bras de fer avec les opérateurs de téléphonie mobile contre l’augmentation du coût de la data reste également dans les mémoires, un combat qui, selon lui, lui a valu d’être placé « dans l’œil du cyclone ».
Cap sur l’avenir et la crédibilité politique
Assalé Tiémoko a également rappelé l’impact de sa proposition de loi sur l’aménagement de la TVA concernant les prestations funéraires. Bien que non adoptée formellement, elle a provoqué une baisse de 25 à 35 % des coûts chez le leader du secteur, soulageant ainsi des milliers de familles ivoiriennes depuis 2023.
S’il quitte l’hémicycle, Assalé Tiémoko estime avoir élevé la fonction parlementaire à un niveau inédit. « Je pars la tête haute, fier d’avoir servi sans jamais trahir », a-t-il affirmé, tout en souhaitant « bon vent » aux nouveaux parlementaires, les exhortant à défendre les intérêts des Ivoiriens contre tous les abus.
Pour lui, l’avenir se dessine désormais sur le terrain de la formation et de l’implantation nationale de son parti, ADCI. En revendiquant une « crédibilité politique au niveau national », il entend prouver à la jeunesse ivoirienne qu’une politique honnête, sans fraude ni compromission, est possible.
Assalé Tiémoko dont le dossier de candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2025, a laissé entendre que la « vie » perdue à l’Assemblée nationale pourrait bien être le terreau d’une ambition plus vaste pour la Côte d’Ivoire.
SOURCE:APANews