Sénégal : étude de l’IPAR sur la protection des migrantes africaines

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L’Initiative Prospective Agricole et Rurale (IPAR), appuyée par la Fondation OSIWA, a organisé ce mercredi à Dakar un atelier de restitution portant sur une recherche dédiée à la protection des droits des femmes migrantes africaines travaillant dans les pays du Golfe et du Moyen-Orient.

Cette rencontre intervient dans un contexte de forte augmentation des départs féminins vers cette région, où les travailleuses domestiques restent particulièrement vulnérables à de graves violations de leurs droits.

L’étude s’appuie sur six cas de migrantes originaires d’Éthiopie, du Maroc, d’Ouganda et du Sénégal, employées en Arabie saoudite et au Qatar. Elle met en exergue leurs conditions de vie et de travail, souvent proches de l’exploitation, ainsi que les failles juridiques et institutionnelles qui fragilisent ces travailleuses, tant dans les pays d’accueil que dans les pays d’origine.

L’atelier a réuni chercheurs, experts internationaux, représentants de l’État, acteurs de la société civile et partenaires techniques et financiers. Les échanges ont porté sur la gouvernance migratoire, les pratiques de recrutement, les dispositifs de protection existants, ainsi que sur les recommandations adressées à l’Union africaine et aux États membres pour mieux protéger les travailleuses domestiques.

La directrice exécutive de l’IPAR, Dr Laure Tall, a rappelé que les migrations féminines connaissent une croissance soutenue, souvent accompagnée de violations graves, notamment sous le système de la Kafala, encore largement en vigueur dans les pays du Golfe. Elle a souligné l’importance de renforcer les cadres juridiques, d’harmoniser les normes migratoires et de consolider la présence diplomatique des États africains pour assurer un meilleur suivi des migrantes.

Madame Ngoné Ndoye, présidente fondatrice de FEMIDEC, a insisté sur la nécessité de donner de la visibilité aux expériences vécues par les femmes migrantes. Selon elle, cette étude fournit des outils essentiels pour améliorer leur protection et inspirer des actions durables. Elle a appelé à renforcer la coopération entre organisations de défense des droits humains, institutions publiques et partenaires internationaux.

Les résultats montrent que, malgré certains mécanismes internationaux de protection, les pratiques d’exploitation demeurent : confiscation de passeports, absence de repos, violences, isolement, salaires impayés ou impossibilité de quitter l’employeur. L’exclusion fréquente des travailleuses domestiques des Codes du travail dans les pays du Golfe accentue encore leur vulnérabilité.

L’IPAR recommande une application plus rigoureuse des textes de l’Union africaine, une meilleure régulation des agences de recrutement, une coopération diplomatique renforcée et une harmonisation des politiques migratoires. Les politiques adoptées par certains pays asiatiques, comme les Philippines, ont été citées comme exemples à suivre.

En clôture, les organisateurs ont réaffirmé leur engagement à poursuivre le plaidoyer aux côtés de leurs partenaires. « Le chemin reste long, mais les connaissances produites constituent une base solide pour promouvoir une migration plus sûre et respectueuse des droits humains », a conclu Dr Laure Tall, remerciant OSIWA pour son soutien.

SOURCE : APA News/RNK/te/ DAKAR ( SENEGAL)

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